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 You'll be lost, and never found. - Elizabeth.

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You'll be lost, and never found. - Elizabeth. Empty
MessageSujet: You'll be lost, and never found. - Elizabeth.   You'll be lost, and never found. - Elizabeth. EmptyVen 12 Juin - 19:16

Je venais de comprendre. C'était si simple, idiot, enfantin même. Comment avais-je pu mettre tant de temps à m'en apercevoir ? Ce soir, j'avais été ce qu'on aurait qualifié de héros si j'avais eu le malheur d'être humain. J'avais sauvé la vie d'Enea en arrivant pour l'emmener à l'hôpital. Cela n'avait rien d'héroïque. De plus, si il y avait un héros dans l'histoire, c'était Summer. Dieu qu'elle avait fait du chemin depuis sa création... J'en avais fait également, certes, mais j'étais plus ou moins rester moi-même tout du long. Phoenix avait laissé place à Summer, et la jeune femme avait de quoi être fière. Je n'avais que rarement vu quelqu'un avec cette force d'esprit... A vrai dire, je n'étais pas sûre d'avoir jamais vu quelqu'un d'aussi fort. La revoir avec Seth ce soir m'avait rappelé ce que n'importe quel autre vampire aurait appelé «le bon vieux temps ». Etait-ce vraiment le bon vieux temps ? Ce soir, et seulement ce soir, j'avais envie de penser que oui. J'étais à l'époque libre comme l'air, et n'avais aucunement besoin de me rendre chaque semaine à l'hôpital pour pouvoir gouter au soleil. Ce n'était même pas si bien que ça, le soleil. A vouloir cesser de blesser ses humains, à regretter les années de torture que j'avais pratiqué, à vouloir être un peu moins vampire, et un peu plus humain, je n'avais obtenu que ce que je méritais. Que ce que tout vampire méritait. J'avais sauvé Enea, et pourtant, j'avais tout de même été vu comme le démon que j'étais. Mon vrai prénom, lui même, trahissait ma vraie nature. Si ça n'avait été pour Enea – et Summer aussi -, jamais, oh grand jamais, je n'aurai résister à l'envie de faire souffrir ces policiers comme ils me faisaient souffrir. Cela avait beau faire deux heures que j'étais parti, et que je me promenais dans la forêt, mes blessures ne s'étaient pas résorbées, pas le moins du monde. Mes poignets étaient dans un sale état, et si je ne m'étais pas su immortel, j'aurai craint qu'ils ne s'infectent, et que je meure de gangrène. Je ne pouvais évidemment pas voir mon visage, mais je ne doutais pas qu'il se trouvait également dans un piteux état. C'était pourtant si simple à comprendre, et ce soir, j'avais compris. Ce soir, j'avais enfin compris que j'aurai beau faire tous les efforts du monde, m'abstenir de prendre du sang humain pendant des décennies – que dis-je, des siècles ! - rien ne changerait. Je serai toujours perçu comme le démon que je suis. Je ne sais comment j'ai pu résister à la douce odeur du sang d'Enea, ou de celui d'Aiden, mais je l'ai fait. Cela devrait me suffire, non ? Si j'étais un démon, jamais je n'aurai résister. Jamais je n'aurai supporter de porter Enea tout ce temps, et d'avoir son sang sur moi, n'est-ce pas ? Je l'avais fait, et pour être parfaitement honnête, je n'avais eu aucune difficulté à le faire. Je ne savais absolument pas pourquoi, mais cela avait été comme la chose la plus naturelle, la chose à faire. Je ne savais comment cela était possible, mais quelque chose me disait que si Enea n'avait pas survécu, j'aurai changé du tout au tout... Si Enea n'avait pas survécu, je me laissais glisser le long d'un arbre à cette pensée – je me serai volontiers laisser tomber contre celui-ci, mais j'étais à peu près sûre qu'il s'effondrerait, et cela faisait donc perdre tout son intérêt au fait de tomber -, et plongeait ma tête au creux de mes mains. J'étais entrain de devenir fou. J'en avais assez de cette vie. Je devais passer mon temps à lutter, à faire semblant d'être quelqu'un que je n'étais pas... Je ne me rappelais que trop bien la dernière fois que j'avais été moi même...

FLASHBACK

« Raconte moi. Je veux te connaître. Je veux connaître chaque partie de toi, chaque facette...
- Elizabeth.. Etes vous sûre de vous ? De telles choses écorcheraient tes oreilles... et ton image de moi...
- Je n'ai pas peur. Je vous aime. Je t'aime. C'est tout ce qui compte.
- Soit. Vous, les humains, vous êtes si...frêles, fragiles. J'ai mis longtemps à apprendre comment me nourrir de votre sang sans vous briser en milles morceaux... Certes, pour beaucoup, cela n'a aucune importance... Quand j'en ai fini avec vous, que ce soit brutal ou non, vous êtes morts, dans tous les cas... Prenez ma main, voulez-vous ? Si vous avez trop peur, n'hésitez pas à la serrer. N'hésitez pas à m'arrêter. J'ai donc décidé de... de chercher un moyen de me délecter de votre sang en m'amusant. Torture psychologique, et physique. C'est l'unique idée qui m'est venue, et celle qui fait de moi le vampire que je suis. C'est vicieux, c'est tout ce que tu veux, mais... c'est tellement mieux. Je ne saurai te décrire l'exacte sentiment que j'ai à me nourrir... C'est bien plus fort que la nourriture humaine... Au fur et à mesure que j'avale le sang d'un être humain, je me sens empli d'une nouvelle force. Chacun de mes membres est revigoré, et si l'on donne l'impression d'être plus avide de votre sang après s'en être un minimum abreuvé, c'est faux. C'est de ce sentiment d'être tout puissant dont nous sommes assoiffés. Et... l'on ait jamais plus puissant que lorsque l'on torture quelqu'un. C'est pourquoi je connais un minimum la plupart de mes victimes, ou de mes proies. C'est comme tu préfères. Vous êtes des proies, mais aussi des victimes... Je prends un certain plaisir à tuer les gens de votre espèce, Elizabeth. Si vous saviez.. J'aime cette innocence que je lis dans vos yeux, mais.. je suis certain que vous sauriez apprécier tout autant que moi ces moments. Les supplications, les cris... Je suis chaque fois impatient d'atteindre le moment où je sens le souffle de vie de ma victime s'écouler, mais de la même manière, je crains ce moment... Chaque seconde est un instant de paradis... et pour quelqu'un qui n'aura le droit qu'aux enfers, imagine ce que cela veut dire...

/FLASHBACK

Je relevais doucement la tête, chassant ses pensées de ma tête. Cela ne me faisait jamais de bien de repenser aux moments que j'avais passé avec Elizabeth. Je ne sais si je pouvais dire que je l'aimais encore, ou si c'était simplement de la culpabilité... mais c'était quelque chose de si intense que j'en oubliais qui, et où j'étais. Je m'apprêtais à me relever quand j'aperçus une forme féminine se dirigeait vers moi. Elle était cependant très éloignée, et je ne pouvais l'identifier. Je fronçais les sourcils, relevant la tête vers le ciel. Il faisait nuit. Je ne m'en étais même pas rendu compte. En y réfléchissant, ce n'était pas plus étonnant que cela. J'avais passé de nombreuses heures à l'hôpital – et apparemment, j'en garderai les traces pour encore quelques heures -, et j'étais bien ici depuis quelques heures également... Je n'étais pas sur de me rendre à l'hôpital demain, pour obtenir cette foutue piqure. Non pas que je tienne à rester cloîtrer la nuit, mais tout simplement parce qu'il y aurait Enea, et Aiden et que je ne tenais pas à les croiser – bien qu'il ne fut pas donné qu'Enea fut consciente le lendemain d'un tel accident. Tant pis. J'attendrais quelques jours pour revoir la lumière du jour, je n'en mourrai pas... presque malheureusement. La silhouette s'approchait, et je devinais qu'il ne s'agissait que d'un songe. Je la reconnaissais... Elle était habillée d'une façon plus... moderne que dans les autres moments de folie où j'avais eu la chance de la voir... « Mon songe... mon doux songe. » Je lui souriais, et me relevais, pour être à sa hauteur. Elle arriva à mes cotés, doucement, avec sa grâce habituelle, et me scruta un moment sans rien dire. Ce n'était pas vraiment ce qu'il se passait d'ordinaire, mais.. ce changement n'était pas déplaisant. Tout semblait plus réel, plus vrai... Je laissais la folie m'emporter, et je l'entendis s'inquiéter de l'état de mon visage, et de mes poignets. C'était bien la première fois que j'entendais mon hallucination parler... « C'est... c'est ce que l'on récolte à vouloir respecter les humains, et leur sauver la vie. » Je me faisais peur, vraiment. J'étais totalement désabusé. Je cherchais quelque chose qui pouvait avoir de l'importance pour moi, mais rien... Rien n'en avait. Tout ce que je voulais, c'était rester dans mon songe... Y rester pour toujours. Je faisais un pas de plus, et posais mes lèvres sur les siennes. Je pensais embrasser le vide, mais mon état était tel que j'arrivais à sentir sa présence, à sentir sa surprise, puis son engouement. Notre baiser fut des plus passionnés... Dura-t-il une éternité ? C'était l'impression que j'avais en tout cas. Pour la première fois depuis bien longtemps, je me sentais entier. Je pouvais même me convaincre que je ne l'avais pas tuer, que cette culpabilité que je ressentais depuis des années n'étaient qu'un leurre... Même si ce n'était que mon esprit qui me jouait des tours, Elizabeth était là. Qu'y avait-il de plus à espérer ?
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Elizabeth I. Winingham
Vampire magnifique. On se demande ce qu'elle fait avec le mal coiffé.
Elizabeth I. Winingham

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Date d'inscription : 05/06/2009

MORE THAN YOUR BLOOD
YES, I HAVE FRIENDS:

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MessageSujet: Re: You'll be lost, and never found. - Elizabeth.   You'll be lost, and never found. - Elizabeth. EmptyLun 15 Juin - 1:28

    Inspirée par la chanson "Someone else's Tomorrow - Patty Griffin"
    Topic One



    « Tu n’as plus qu’à espérer qu’il te reconnaisse quand tu l’auras retrouvé,
    Lorsque pour de bon, tu seras prête à me quitter.
    Ne pense pas qu’il lui sera facile de vivre à tes côtés
    Lorsqu’il découvrira à quel point tu as changé. »


    Mes mains frêles et glacées frôlaient sans cesse le tronc des arbres que je croisais sur mon chemin. Le croissant de lune se reflétait sur ma peau nue, couleur blanche, me donnant l’impression d’être une poupée en porcelaine. Mes cheveux blonds et longs, m’arrivant à la taille, étaient lâchés et ondulés par l’humidité que l’atmosphère provoquait en cette nuit de Juin. Ma présence en ces lieux donnait une ambiance des plus étranges et des plus lourdes. Je marchais d’une manière féline et captivante tout en sachant que la personne que je rejoignais, me désirait plus que tout. Je pouvais lui sourire, même lui demander de venir à moi qu’elle en serait prête à mourir, arrachée de ses membres pour obéir à mon influence. Mais je ne fis rien de tel. Seule ma silhouette fine et obscure s’avançait avec grâce devant mon objectif. Il était si endommagé, la lèvre en sang, les poignets enchainés au dessus de sa tête, au tronc d’un Saule Pleureur. Et j’étais heureuse de voir un tel spectacle devant moi. William avait un don artistique des plus prononcés qui n’arrêtait pas de me faire frémir lorsque je voyais l’une de ses œuvres faites à ma demande. Ce n’était pas un vampire patient, surtout quand le sang lui léchait les babines et pourtant il passait parfois avant moi, juste pour mettre ma victime en condition, pour me faire plaisir. J’aimais faire croire à mes amours de mortels une agression pour qu’ils puissent supplier, et espérer à ma venue. Ce qui n’avait jamais été un soulagement bien au contraire. Et pourtant, à chaque coup, mon plan marchait. Ethan me regardait, les yeux remplis d’espoir. Pour lui j’étais une vampire agréable et docile, qu’il avait croisé un soir dans une ruelle, et avec qui il avait sympathisé. Il m’avait confié sa lourde culpabilité à propos de la mort de sa femme, et après quelques verres chez lui… nous sommes sortis ensemble. Un baiser timide, délicat avant de se quitter. Quel idiot ! Son sang était tout ce que je souhaitais. Ne voyait-il pas comme je prenais souvent plaisir à me rapprocher de lui, à sentir son odeur ? Aveuglé par ma beauté, il ne se doutait pas de mes arrières pensés. Il effleurait juste mes lèvres pour se donner de l’importance, se congratuler d’avoir amener une vampire chez lui. Mais seul son sang m’importait. Encore maintenant, il m’appelait. « Eh bien Ethan que faites vous ici ? Ne préférez-vous pas être chez vous à cette heure ? Les bois sont dangereux la nuit. Il se peut que vous fassiez de mauvaises rencontres » Avant même qu’il marmonne quelques mots à travers le chiffon mis dans sa bouche, je vins le lui enlever, me mettant à califourchon sur lui et en l’embrassant au coin des lèvres. Mes mains vinrent retrouver les siennes afin de les serrer jusqu’aux os. « Ne vous inquiétez pas, je sais ce que vous méritez. Liliane m’a fait part de ce qu’il s’est passé avant sa mort… » Mes yeux translucides par le reflet de la lune plongèrent dans ceux apeurés de ma douce victime dénuée de virilité en cet instant. Mes ongles tracèrent leur chemin sur les avant-bras d’Ethan laissant ainsi un liquide rouge couler et colorer mes doigts. J'entendis le pouls s'accélérer, je pouvais en apercevoir les veines meurtries. La douleur devait être atroce car un cri étouffé sortit de sa bouche. Et mon plaisir s’accroissait au fur et à mesure que la souffrance lui devenait insupportable. Alors que je léchais mes doigts un par un pour y goûter ce sang si précieux, je n’arrêtais pas de murmurer d’un ton grave : « Tu l’as tué Ethan ! Elle est morte par ta faute ! Elle te voit souffrir comme tu l’as fait souffrir en la laissant en compagnie de son tueur. » Je vins loger ma tête dans le creux de son cou, tentée à plusieurs reprises de le mordre mais ce fut ses poignets ensanglantées qui me firent lever la tête. Je dégustai aisément mon festin, laissant cette substance susciter la gourmandise. Parfois je revenais à lui, en me mordant la lèvre, désirant son cœur plus que tout. Je faisais mine de crier de douleur, d’imiter les implorations et les gémissements de sa femme lors de sa mort pour qu’il en prenne plein la tête. « Elle veut que je te fasse endurer ce qu’elle a enduré. Que tu imagines ses cris... Ne sens-tu pas sa présence ? Cette brise légère qui te crispe en ce moment même ? C’est la fin qui est proche mon cher ami… La pendule est en marche et le temps s’écoule » Un bruit non loin d’ici perturba mon entrevue. Il était temps d’en finir au plus vite si des vampires venaient dans le coin. Il était en aucun cas possible de marchander pour le partage. Malheureusement la fin d’Ethan ne se sera pas déroulée comme je l’avais prévu. Moi qui voulais avoir le temps… J’aurai aimé continuer à jouer avec lui tout simplement. J’agrippai son menton, le forçant à me regarder une dernière fois. Mon sourire mesquin vint se dessiner sur mon visage alors que mes yeux pétillèrent d’une intention mauvaise. Il me semblait voir des larmes, longeant ses joues, une substance salée que je ne ressentais plus chez moi. - Pourquoi ? m'a-t-il demandé d'un air suppliant. Je ne répondis pas tout de suite. Mes yeux cherchèrent l'étincelle dans ses yeux avant de répondre d'un ton faussement sincère « J’ai été heureuse de vous connaître. » Mes lèvres vinrent se poser sur les siennes une dernière fois, avant de lui rompre le cou. Je finis par m’abreuver du liquide qui restait avant de me relever tranquillement et de continuer ma route comme si de rien n’était. Laissant son cadavre et ces souvenirs macabres derrière moi.


    « Te laissant contrôler par ton instinct immature
    Tu as toujours défié les lois de la nature
    Je suis le seul qui t’aime pour ce que tu es
    Et cela ne l’oublie jamais »


    Vilaine fille ! Tu es folle Lizzie. Encore un mort sur les mains, le compte s’agrandit d’années en années sans que tu y mettes un terme. Tu prends du plaisir, tu savoures ta victoire et la férocité qui t’accapare. Tu es devenue un monstre sanguinaire des plus redoutables. Personne n’est arrivé à ce point d’atrocité depuis le grand Bélial. Tu as grandement appris de tes deux maîtres, l’un intentionnellement, l’autre sans même se douter qu’un jour tu reproduirais ses mêmes œuvres sanguinaires. Tu n’as plus d’âme. Je suis aux abonnés absents. Et pourtant il t’arrive de continuer à te poser des questions sur qui tu étais. Souviens toi : L’ancienne Elizabeth était intriguée par ce que les vampires pouvaient produire et apporter dans le monde, certes un peu vicieuse au fond, mais elle restait tout de même la pureté incarnée. Et regarde ce qu’elle est devenue, ce que tu es devenue… Ce que je suis devenue.

    La double personnalité. Jamais de mon vivant, j’aurai pu croire une telle chose venant de moi mais j’avais bien des voix dans ma tête qui me répétaient sans cesse la même chose. Et comme tout ceci semblait naturel, quotidien, je n'y prêtais parfois pas attention. Je vivais avec et je leur parlais de temps à autre sauf que ce soir, je n’en avais pas envie. Je sentais une présence et je compris, après avoir franchi les bois sombre, que mon cerveau ne fut bientôt plus le seul à exprimer clairement ce qu’il fallait être dicté. Mon cœur, si tenté qu’il puisse encore battre, fut réveillé à coup de massue. Jamais mes souvenirs n’avaient été si marquants, envers un organe volatil. Oui, il s’était réveillé à son apparition. Non loin de moi, tapis dans l’ombre. L’Ombre de mes souvenirs. La silhouette tant rêvée et retranscrite dans ma tête. Je l’avais reconnu. Celui descendu sur Terre pour trouver sa place dans ce monde. Celui que j’avais tant aimé, le considérant comme un Ange Déchu. Je l’avais recherché, j’avais essayé par tous les moyens de retrouver sa trace et le voilà devant moi, encore plus perdu qu’à mon souvenir. Encore plus torturé que lorsqu’il me parlait des horribles choses qu’il avait faites. Ainsi il n’avait pas changé. Habillée d’un jean noir délavé et d’un petit haut à dos nu bleu, je me dirigeais telle une chimère allant à sa rencontre. Je savais qu’il me prenait ainsi, puisqu’il me regardait de cette manière que possédaient les gens émerveillés et ravis lorsqu’une sorte d’apparition magnifique se présentait à eux. La criminelle que j’avais été quelques minutes auparavant s’évapora pour laisser place à une beauté douce et angélique. « Mon Songe… Mon Doux Songe… »La Prédatrice s’était retirée pour le Rossignol. Je chantonnais, de gaieté déguisée, de nostalgie et d’espoir retrouvé. Il se releva encore plus déboussolé que la seconde d’avant et pourtant, il n’avait l’air guère surpris de me voir à ses côtés. Attendait-il ma venue ? Son sourire, son visage… Je n’avais qu’une seule envie. Ressentir cette peau si froide tout contre moi, même si c’était impossible. J’avais envie de le toucher, de l’amener à moi. Au lieu de ça, mes yeux l’étudiaient longuement. Son état me paraissait grave. Ses poignets attirèrent mon attention et une odeur alléchante vint titiller mon odorat développé. Cette odeur… Je n’avais jamais rien connu de plus attirant, et de plus incroyable. Un repas qui s’annonçait le meilleur de tous ceux connus par le passé. J’interrogeais mon amour, du regard. Mais en moi, la réponse vint plus vite que je ne l’aurais cru. Évidemment, Il n’aurait jamais touché à cette victime potentielle même si le diable l'en tentait. Ses yeux dévoilaient exactement ce qu’il était devenu. L’Ange que j’avais toujours vu en lui, qui se contenait et demandait pardon pour ses péchés. « C’est… C’est ce que l’on récolte à vouloir respecter les humains, et leur sauver la vie » Un sourire comblé d’ironie se manifesta sur mon doux et délicat visage. J’étais certaine qu’en cet instant précis, il était encore impossible de voir en moi une cruauté lourde de conséquences. Je le voyais comme absent de la réalité, me regardant comme si j’avais été la seule personne qu’il souhaitait voir. Aucune réponse. Seul un mouvement de tête en ma direction et ses lèvres se posèrent sur les miennes. Étonnement. Surprise. J’eus une légère agitation, avant de laisser mon âme perdue retrouver ses sens. Le baiser fut tout d’abord, délicat comme dans mes premiers souvenirs puis comme s’Il s’était rendu compte de ma véritable présence à ses côtés, il fut plus entrain, plus ardent. J’avais l’impression que les flammes, une nouvelle fois, s’emparaient de moi comme lorsque j’avais souffert le martyre sauf qu’en cet instant, je brûlais de désir. Je n’avais jamais éprouvé cette sensation ni même lorsque j’étais vivante. Du moins c’était ce que je voulais croire pour donner encore plus d’importance au scellement de nos lèvres. Je ne sais combien de temps nous sommes restés là à nous embrasser d’une manière à la fois passionnée et langoureuse. J’avais entouré sa nuque de mes bras, l’avait laissé me plaquer contre le tronc d’arbre. Et je ressentais encore le tâtonnement de ses mains sur mon corps, notamment mon dos, nu sous ses paumes. J’aurais pu être essoufflée, si j’avais été humaine et même si ce n’était plus le cas, je fis mine de reprendre ma respiration pendant que ses lèvres continuaient à parcourir mon menton et le long de mon cou. Je fermai les yeux et le sentis se perdre dans un désir longtemps contenu. Mais une seconde après, je ne sais pourquoi, il se reprit lentement, décolla sa bouche de ma peau et garda la tête baissée. Je repris au même moment mes esprits et reposa mon attention sur lui. Le silence était d’aplomb. Je compris. Abandonné comme un oisillon, angoissé par une douleur profonde, égaré par le destin... Ainsi il se présentait à moi. « Tu te sens coupable... Tu te crois fou…. » Mes doigts caressèrent sa joue, les lignes de ses lèvres. « Tu m’as laissée périr dans cette chambre alors que l’obscurité me prenait. » Je jouais avec les courbes de son visage, lui relevant progressivement la tête pour qu’il me regarde dans les yeux. « Et même après tout ça, tu me désires encore plus qu’avant… Bélial.»
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MessageSujet: Re: You'll be lost, and never found. - Elizabeth.   You'll be lost, and never found. - Elizabeth. EmptyVen 26 Juin - 15:31

Avait-on vraiment le droit au pardon ? N'était-ce pas un mensonge inventé pour que les pécheurs, les criminels, et autres « mauvaises » personnes ne commettent pas plus de mauvaises actions ? Cette question me revenait à l'esprit, et maintenant plus que jamais. La rédemption ? Hum... je n'étais pas sûr d'y croire. Evidemment, tout au fond de moi, j'espérais que ça existait. Je ne m'étais pas torturé ainsi pour rien. Je ne souhaitais pas l'avoir fait pour rien. Non pas que je craignais les enfers; mais j'avais blessé des gens plus que je ne pensais le faire à l'époque – ou en tout cas, cela n'avait pas réellement d'importance à mes yeux en ce temps-là -, et pire que tout, j'avais du tuer quelqu'un qui m'était plus que cher pour réaliser les horreurs de mes actes. Aujourd'hui, cela me semblait incompréhensible. En quoi le plaisir que je retirais à voir quelqu'un souffrir avait pu prendre le dessus sur ma conscience ? Comment avais-je pu passer des heures à faire du mal tant physiquement que psychologiquement à des êtres si fragiles, et pourtant si forts ? Hum. Peut-être parce que j'étais un être abject, et démoniaque ? Probablement. Cela devait jouer dans la balance, je n'en doutais pas. Cependant, je refusais de mettre cela entièrement sur le compte de ma condition. Une part de moi avait probablement voulu agir comme ça. Pourquoi ? Hum. Je n'avais pas besoin d'aller chercher bien loin dans mon esprit. Sans vouloir faire de la psychologie de bas-étage, je pense que – plus que inconsciemment – cela était dû au mauvais traitement que j'avais pu recevoir pendant mon enfance. Du moins, c'est la conclusion que j'en avais tiré de ses heures à penser à l'hôpital. Recevoir des coups de ceinture, et de fer à cheval régulièrement laisse indubitablement des traces, et ce, pas que physiquement. Pendant des années, j'avais fait des cauchemars toutes les nuits. Mon père me battant à la moindre occasion, ma mère l'encourageant, ou me visant avec une casserole d'eau bouillante – voilà l'explication de la cicatrice que j'avais sur le bras droit. Je n'avais pas pensé à tout cela depuis des années. C'était étrange. D'un autre coté, Elizabeth était la seule à connaître mon histoire – toute mon histoire -, et par conséquence cette période de mon enfance, et du début de mon adolescence ne lui était pas inconnue. Elle était la seule à qui j'en avais jamais parlé – à part l'équivalent des services sociaux de l'époque -, elle faisait ressortir tant de choses du passé en moi... Alors que mes lèvres s'aventuraient dans son cou, que je laissais mes envies dicter ma conduite, je reculais d'un demi-pas, gardant la tête baissé, le regard rivé vers le sol. Je n'osais relevé la tête de peur de me rendre compte qu'elle n'était qu'un fantôme, qu'elle n'était pas là. Car elle ne pouvait pas être là. Elle était morte, je l'avais tuée. Il n'y avait personne en face de moi. Je ne l'avais pas réellement étreinte, mes doigts n'avaient pas parcouru sa peau – qui m'avait sembler étrangement froide -, et sa langue n'avait absolument pas valser avec la mienne... Je soupirais, doucement, de manière presque inaudible. Qui étais-je ? Je n'en avais plus la moindre idée... J'essayais du faire du mieux que je pouvais pour devenir quelqu'un de bien, comme on dit, mais je ne pouvais pas. Je ne le serai jamais. Peu importe tout ce que je faisais pour réparer les assassinats et meurtres que j'avais commis, rien ne changerait. Ces personnes ne reviendraient pas à la vie, et leur souffrance ne serait pas effacé. « Tu te sens coupable... Tu te crois fou... » Hum... mon subconscient n'était-il pas censé faire tout pour que je crois en cette douce rêverie ? Sans que je ne la contrôle réellement, ma tête hocha d'approbation. Comment ne pas me sentir coupable ? Elle représentait toutes mes erreurs du passé. Elizabeth était le genre de femme dont n'importe qui pourrait tomber amoureux, même une femme. Elle était douce, tendre, attentionnée, et généreuse comme pas deux. Je sais, ces qualités vous paraissent banales, mais là, et tout le truc. Il n'y a aucun mot pour décrire ce qu'elle est, ou qui elle est. Elizabeth est. C'est aussi simple et compliqué que cela. Doucement, sa main se posa sur ma joue, et je me blottis contre celle-ci, Dieu qu'elle était froide ! Je devais probablement être entrain de reporter mon état... Comme j'aurai aimé qu'elle soit vampire, avec le recul. Ce n'était pas une vie que je lui souhaitais – j'avais tendance à être égoïste parfois -, ou que je souhaitais à quiconque, mais j'aurai tant aimé qu'elle soit à mes cotés pendant toutes ces années, qu'elle me soutienne. Si ça n'avait été pour elle, je serai resté le même. Le vil et cruel Bélial. Même mon prénom était celui d'un démon, et pas n'importe lequel, le roi des enfers. Mes parents ne m'avaient vraiment pas épargnés. « Tu m'as laissé périr dans cette chambre alors que l'obscurité me prenait. » Alors qu'elle relevait doucement mon visag e vers elle, je sentis mon visage se déchirer de douleur au fur et à mesure qu'elle laissait ses mots sortir de sa bouche. Je ne l'avais pas laissé périr, c'était faux. Son coeur s'était arrêté de battre et... Son coeur s'était-il vraiment arrêté ? Un instant, au moins. C'était ainsi que je m'étais rendu compte que j'avais été trop loin, bien trop loin. Un doute survint dans mon esprit, et je plantais mon regard dans le sien. Mon dieu. Elle était vivante.

FLASHBACK

« Phœnix, tu commences sérieusement à me fatiguer. Va jouer ailleurs, veux-tu ? »

Elle ne me lâchait pas. Jamais. Je n'avais jamais plus d'une heure à moi – le temps qu'elle se nourrisse, et que je me nourrisse -, et elle parlait constamment. J'avais, certes, conscience qu'elle essayait de me changer les idées, mais je n'avais envie que d'une chose : broyer du noir seul dans mon coin. Je ne doutais pas qu'elle comprenne à quel point je souffrais, et le pourquoi, mais me voir ainsi lui déplaisait, et elle tenait à ce que je m'en remettre au plus vite. Je savais que je devrais m'en remettre un jour ou l'autre, mais je n'en avais absolument aucun envie. Elizabeth était morte. Je l'avais tué. Il me faudrait plus longtemps que ça pour m'en remettre. Je devais, cependant, avouer que la présence de Phoenix était plus qu'apaisante, et je ne l'aurai échangé pour rien au monde si elle m'avait laissé un peu plus de répis. Je ne l'épargnais pas d'ailleurs, mais elle restait là; amie fidèle.

« Ca fait un an, maintenant. Il faut te ressaisir.
- Cela fera un an dans trois jours.
- Soit. Je te laisse trois jours. Et après, tu as intérêt à redevenir toi-même, idiot. »

Elle avait pris l'habitude de me donner ce genre de surnom parce que mon attitude l'agaçait, et que c'était plus ou moins le seul moyen qu'elle avait trouvé pour me faire réagir. Elle n'avait pas tort. La mort d'Elizabeth m'avait achevé, et je me serai surement laisser mourir – enfin, je me serai exposé au grand soleil, en d'autres termes – si Phoenix n'avait pas été constamment à mes cotés. Elle n'avait pas encore pris le pseudonyme de Summer, mais elle en avait déjà toutes les qualités. J'étais retourné plusieurs fois près de la demeure d'Elizabeth, mais plus personne ne semblait y vivre. Les murs de la maison étaient défraichis, et ce n'était pas une négligence du gouverneur, puisque ce dernier avait quitté la ville – la vie ? - après la mort de sa fille. J'avais passé de nombreuses heures dans la chambre d'Elizabeth, autel de nos péchés et de notre amour. J'y avais cherché son odeur, nos habitudes... Je les ai y trouvés parfois... Ou j'arrivais à m'en convaincre en tout cas. J'ai longtemps cherché sa sépulture dans la ville, puis dans les environs... mais on ne peut trouver la tombe d'un être qui n'est pas mort, même si il n'est pas complètement vivant. Un an jour pour jour après cet incident, je retournais dans la maison. Ce fut la première hallucination que j'eus de ma diablesse. Etait-elle vraiment là ? Je ne sais pas. J'en doute. Elle n'aurait probablement pas eu le cou recouvert de sang me blâmant pour ce qui s'était passé, et pour l'avoir abandonnée.

/FLASHBACK


Non. Ce n'était pas possible. Elle était morte. Bel et bien morte. « Et même après tout ça, tu me désires encore plus qu’avant… Bélial.» Je ne prêtais pas attention à ces paroles. Seul le dernier mot, mon prénom, retentit à mes oreilles. Je fermais les yeux, un instant. Je ne comprenais plus rien à ce qu'il se passait. Etait-elle là, ou non ? Je me laissais tomber à genou sur le sol, les mains recouvrant mon visage. Elle était là, pour de vrai. Quelque chose me disait que je ne rêvais pas, que son odeur, la douceur et froideur de sa peau, la beauté de ses yeux... tout est vrai. Elizabeth était vivante. Enfin, elle était un vampire, mais elle était vivante. J'étais partagée entre deux sentiments extrêmes... J'étais malheureux comme les pierres, et plus heureux que jamais. Son retour dans ma vie était une bénédiction. Du moment qu'elle faisait partie de ma vie, plus rien d'autre n'importait – j'en oubliais ces blessures qui ne voulaient pas guérir -. Les remises en question, les doutes, les autres, les humains, les vampires... Elizabeth était là. Le reste du monde pouvait s'écrouler, je m'en moquais. Enfin... je m'en moquerai si elle me pardonnait. Je l'avais abandonnée seule. Je la croyais morte, certes, mais en quoi cela excusait mon action ? J'aurai du attendre, essayer de la réanimer... Elle avait du souffrir le martyr, et ce, encore plus en me voyant l'abandonner. Qu'avait-elle cru ? Bon sang, comme elle devait m'en vouloir. Je relevais doucement la tête, les yeux emplis de larmes. Je ne pleurais pas. Jamais. Je ne me rappelais pas avoir pleurer une seule fois dans ma vie, même pas quand je l'avais tué. Et pourtant... c'était bien des larmes qui coulaient de mes yeux. « Elizabeth, tu es... » Je m'arrêtais. Elle n'était techniquement pas vivante, mais pas morte pour autant... Il fallait que j'arrête de vouloir être aussi précis dans les mots que j'employais, cela posait réellement des problèmes parfois. Et voilà, encore une fois je me concentrais sur autre chose que le problème. Non. Il fallait que j'affronte Elizabeth, qu'elle sache que je ne l'avais pas abandonner par désintérêt mais simplement... que je l'avais cru morte. Je prenais une grande inspiration, et prit l'une de ses mains y déposant un doux baiser. Les larmes avaient quitté mes yeux, et sans savoir pourquoi, je me sentais à l'aise. Je m'étonnais l'espace d'un dixième de seconde de la vitesse à laquelle mes sentiments évoluaient ce soir. Cependant, je savais que ce moment allait marquer un tournant dans ma vie, et que... je l'espérais plus que je ne le savais, une période s'annonçait pour moi. En compagnie d'Elizabeth. « Ton coeur s'était arrêté... Tu étais... Il me semblait avoir bu tout ton sang, ou en tout cas, trop pour que tu y survives. Je ne t'aurai pas laissé, sinon. » Je marquais une pause. Je ne voyais pas pourquoi je prenais la peine de le préciser. Elle savait combien je l'avais aimé, que j'aurai tout donné pour elle. Je n'avais pas à me justifier. Elle avait probablement tout compris, intelligente comme elle était... bien qu'elle ait du être déstabilisée au début. Son père, son créateur, était-il resté avec elle pour l'aider à se repérer dans cette nouvelle vie ? S'abreuvait-elle de sang humain, était-ce une période révolue, ou n'en avait-elle jamais pris ? M'avait-elle cherchée ? Tant de questions se bousculaient dans mon esprit... Elles semblaient toutes capitales, et toutes étrangement obsolètes à la fois... « Tu m'as manquée, gorgeous. » Son surnom habituel me revenait si naturellement. « J'en avais des hallucinations... » Je ne lâchais pas sa main, comme de peur qu'elle s'enfuie. J'avais, certes, pris conscience qu'elle n'était pas un mirage – bien que techniquement un mirage ait lieu à cause du soleil, et non de la lune, mais ceci est une autre histoire -, mais je n'étais pas sur qu'elle soit vraiment là. De par ma condition, je ne savais que trop bien que rien n'était impossible. Etait-elle une sorte de fantôme ? M'avait-on jeté un sort ? Je ne savais pas. Je ne savais plus rien. Et pourtant, je me sentais mieux que jamais. Elle était là. Devant moi.
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